mercredi 20 août 2008
Les Oreilles En Chou-fleur
Via Bande à part.
jeudi 7 août 2008
Radiohead
Voici quelques souvenirs du concert de Radiohead, au Parc Jean-Drapeau, le 6 août 2008.
La performance du groupe était vraiment remarquable. D'où j'étais, le son était vraiment très clair, sans la moindre distorsion. On pouvait donc entendre tous les détails des arrangements, et tous les changements apportés par rapport aux versions studio. L'interprétation était vraiment une réussite sur toute la ligne.
Malgré sa clarté, j'ai eu certains problèmes avec le son. Il m'a semblé qu'il passait en alternance du grave à l'aigu, un peu comme lorsqu'on ouvre et ferme ses mains devant un haut-parleur. Peut-être que tous n'ont pas eu ce problème, mais de la colline, c'est ce que j'ai entendu.
Nude: vraiment, de très beaux éclairages, et la performance vocale de Yorke était à la hauteur de cette magnifique pièce. On se serait cru dans une salle de bal.
Weird Fishes/ Arpeggi: ma préférée sur In Rainbows, et celle qui m'a fait pleurer hier soir. Par sa beauté, et son exécution à la hauteur de mes attentes.
The Gloaming: à l'entendre, je me suis rappelé ce que j'avais lu quelques jours avant sur Pitchfork: c'est vrai que cette pièce est encore meilleure live que sur disque. La fin était d'ailleurs complètement déconstruite, un bel exemple des recherches des dernières années.
The National Anthem a été précédé de quelques secondes d'une ligne ouverte radiophonique bien de chez nous. Un peu comme sur la version entendue sur I might be Wrong. L'effet était très intéressant et la version, puissante.
Hier soir, à quelques centaines de mètres de la scène, avait lieu le dernier feu d'artifices de l'année à Montréal. Est-il besoin de préciser que tout ne correspondait pas nécessairement à la mise en scène prévue par le groupe? Mais ça donne du bon divertissement, comme Thom qui se met à parler de “fireworks and duplicate/ dead from the neck up” sur Faust Arp. Ou encore mieux, ces mêmes feux d'artifices qui se terminent une seconde avant que 32 000 personnes entonnent le fameux “this is what you get” de Karma Police. Des moments comme ça, ça vaut le prix du billet.
Ma setlist est dans un désordre quasi-total, mais je crois que tous les titres y sont. Tous les commentaires sont les bienvenus.
15 steps
Nude
All I Need
There There
Weird Fishes/ Arpeggi
Morning Bell
The Gloaming
Fake Plastic Trees
Reckoner
My Iron Lung
Like Spinning Plates
Jigsaw Falling into Place
House of Cards
The National Anthem
Optimistic
Bodysnatchers
You and Whose Army?
Paranoid Android
Lucky
Idiotheque
Videotape
Faust Arp
Karma Police
Bangers & Mash
Everything in its Right Place
mercredi 2 juillet 2008
Finale des Francos
Vous savez où me trouver ce soir-là.
mardi 10 juin 2008
Anecdote
Au moment où je me dis que la prochaine sera sans doute pire, et que je n'ai qu'à me faire à cette muzak, une chanson (oui, cette chanson-là) de Malajube se met à jouer.
Depuis, je crois avoir perdu contact avec la réalité.
lundi 19 mai 2008
Bleu pétrole
Il m'est assez difficile de trouver une façon cohérente de parler de ce disque. Ça fait un moment que j'essaie, et là, je me lance. Le disque est cohérent dans le son, dans l'ambiance, mais ses thèmes sont si opaques qu'ils sont difficiles à cerner, et leur effet est si grand qu'on ne veut le minimiser. De toute façon, l'éblouissement et la lucidité ne sont pas synonymes, alors bon.
Deux caractéristiques importantes de ce disque sont ses réalisateurs: Marc Plati et Gaëtan Roussel. Le premier a produit le dernier disque des Rita Mitsouko, le dernier (quelconque) Anik Jean, et a également travaillé sur la plupart des disques de David Bowie des dix dernières années. Et disons que c'est en plein là-dedans qu'on se situe au niveau du son. Quelque chose de très propre, à la limite de l'impersonnel, mais avec une bonne puissance qui prend aux tripes à l'occasion. Les nombreuses guitares, banjo et autres lap steel donnent aussi à l'album une certaine couleur nord-américaine.
Gaëtan Roussel a, de son côté, participé à l'écriture de six des onze pièces, et c'est là qu'on sent la présence du chanteur de Louise Attaque. Si les chansons de Gérard Manset peuvent être lourdes dans leur splendeur, celles de Roussel (dont Hier à Sousse et Sur un trapèze, mes préférées et certainement les deux plus entraînantes du disque) amènent un peu d'air frais. Parce que, disons-le, Bashung n'est pas toujours facile à digérer.
Le gars a vraiment un charisme immense. Même sans le voir, on est complètement hypnotisé par sa voix. Plus qu'un chanteur, au sens de personne capable de produire des mélodies avec sa voix, il est un grand passeur d'émotion, un communicateur, une courroie de transmission. En fait, je pense parfois à son travail comme à celui des poètes grecs. Bashung est, au fond, un orateur, quelqu'un qui se sert de la parole pour transmettre un texte – et quels textes dans ce cas-ci!
Malgré mon admiration, je trouve que le disque se serait passé de Je tuerai la pianiste. Son rythme insistant et ses images poétiques violentes ou inintéressantes (où un européen se compare à un apache... ) donnent fortement envie de sauter à la prochaine piste. Comme quoi tout le monde peut se tromper.
Il reste que Bleu pétrole est un grand et beau disque. Des chansons qu'on écoute des dizaines de fois avant d'en faire le tour. Et, détail qui peut paraître futile mais auquel je tiens, ces pièces sont placées dans un ordre qui les avantage sérieusement. Toute fonction random ou son équivalent devrait être laissée de côté.
Bref, souhaitons-lui bon rétablissement (ces images sont tristes à voir, mais j'ai cru que vous voudriez savoir comment il va), et qu'il ne prenne pas six ans avant de sortir un autre disque. Il y a déjà trop peu de gens comme lui.
mardi 29 avril 2008
Third
À la première écoute, le troisième album de Portishead est à la fois étrange, sombre et beau. Très différent de ce qui l'avait précédé, aussi. Comme quoi le temps a passé. Le cours de l'histoire a même changé depuis 1998, année de parution de la dernière galette du groupe, qui ne comportait d'ailleurs aucune nouvelle composition.
Il est rassurant de constater que la voix de Beth Gibbons est restée aussi belle.
C'est vraiment du côté de la composition et des choix sonores que la différence se fait sentir. Il est clair que l'époque où Tricky, Morcheeba, et autres Massive Attack monopolisaient les hebdos culturels est chose du passé. Portishead en prend bonne note. Bien que la notoriété du groupe contribuera à sa diffusion (qui devrait être très large), cette musique ne peut plus servir de tapisserie sonore dans une boutique de vêtements. Tout y est plus froid, aride, inquiétant. C'est de la musique qui s'écoute, à distinguer de celle qui s'entend. Moins de basses envoûtantes et de claviers sensuels; plus de samples froids (Machine Gun), de bruits difficiles à identifier (Plastic). On a même droit à une pièce pour voix et mandoline, sans aucun traitement électronique(Deep Water).
En termes d'ambiance, on est passé de la trame sonore d'une peine d'amour, ou encore de celle des activités horizontales de certains, à une ambiance de lecture de journal. Comparons simplement deux chansons bien connues. Malgré le temps, il m'est toujours difficile d'écouter Roads sans avoir des larmes aux yeux (aussi subtiles soient-elles) et sans que mon torse se balance en suivant le rythme.
Maintenant, écoutons Machine Gun, premier extrait du nouvel album. Il me semble qu'ici tout se passe dans la tête. Je suis hors du groove et de la mélodie, comme je peux me sentir hors du monde par moments. Lorsqu'on écoute les nouvelles et qu'on a l'impression de ne plus arriver à suivre, d'être dépassé par les guerres et les famines que l'on n'arrive même plus à compter. L'impression de vivre dans une bulle.
Heureusement, Portishead n'a pas passé les dernières années dans un tel isolement, et ne nous livre pas un album des années 90 en retard. Il s'agit vraiment, même si la chose n'est pas toujours douce à nos oreilles, d'une écoute nécessaire. Portishead nous donne à nouveau la musique d'une époque.
mardi 25 mars 2008
Une soirée courte et sucrée
Elle faisait donc sa première visite montréalaise au Cabaret, ce soir. Plein à craquer, surtout avec les tables et les chaises mises à notre disposition par la maison. On se pose à répétition la question: comment les gens sont-ils informés de ça? On comprend que le bouche à oreille fasse son travail, mais de là à remplir une salle? Mes clients ne la connaissent pourtant jamais lorsque je la leur présente... Enfin.
Assis entre des gens qui parlent et un gars qui s'exclame lorsqu'il constate que la fille n'est pas filiforme (constat fait avec peu d'élégance, dois-je préciser), je gardais néanmoins ma bonne humeur. Et Adele m'y aidait beaucoup. Quelle voix extraordinaire! Quel contrôle! Moi qui accorde peu d'intérêt aux voix, qui chante en même temps que le disque à chaque fois que la chose est possible, j'ai été touché au coeur. Et forcément, en tant que bon membre d'un auditoire montréalais, j'en voulais plus. Encore plus. Toujours plus.
Et c'est là où ça fait mal. La fille, visiblement heureuse, nous remercie, sort de scène. Dix secondes passent: on met un disque. Une minute (les gens applaudissent toujours à tout rompre): on allume les néons.
Et c'est là que je me fâche. Je ne sais pas si c'est le bar qui ne vendait pas assez d'alcool, ou le management de la chanteuse qui voulait la ménager ou je ne sais quoi, mais il y a quelqu'un quelque part qui dont se faire expliquer comment organiser un show à Montréal. On n'enlève pas l'artiste aussi vite. On n'a même pas eu le temps d'une ovation debout! Pas d'excuse, rien. "Il est tard, vous travaillez demain, c'est fini!"
Bref, il est à espérer qu'elle revienne vite. Avec ses 10 musiciens. Parce qu'elle est une artiste vraiment intéressante et touchante, et sympathique même si son accent est difficile à comprendre. Espérons seulement que certaines personnes soient mieux conseillées d'ici là.