Suite à une conversation que je viens d'entendre dans un café - et à laquelle je me suis retenu de participer par politesse -, je crois qu'il est temps de clarifier certaines choses.
Le Canada se retrouve plus à droite depuis ce matin, et ça me déprime vachement. On a vu des coupures en culture dans les derniers mois, et certains artistes se sont brillamment exprimés sur le sujet pendant la campagne électorale, malheureusement sans grand résultat.
J'entends donc aujourd'hui certaines personnes affirmer que les artistes ne sont pas assez engagés. Que toute création devrait amener le créateur et le spectateur à réfléchir à leur époque. Bref, que la conscience sociale devrait suinter de partout. Qu'on devrait faire comme les artistes des années 60, 70, comme Mes Aïeux, les Cowboys Fringants, etc.
Dans ce cas, il faudrait se demander pourquoi ces artistes se battent. Pour la souveraineté du Québec dans certains cas, ou contre la violence, pour la justice sociale ou l'environnement, etc. J'ai le plus grand respect pour le travail des gens qui font avancer ces causes par un moyen ou un autre, qu'on me comprenne bien.
Seulement, le débat des derniers mois ne se trouvait pas exactement là. Le gouvernement conservateur a coupé les fonds à des artistes ou des projets vus comme contraires à l'ordre public, ou ne représentant pas les soi-disant valeurs canadiennes.
Ce que j'ai compris, et ce que je crois personnellement, c'est que les artistes (comme tous les acteurs du milieu) se battent maintenant pour ne plus avoir des jobs de représentants des valeurs canadiennes. Pour ne plus avoir à représenter quoi que ce soit, en fait. Pour pouvoir simplement créer librement. Est-ce que ces deux mots sont si menaçants?
L'artiste, pour moi, n'est pas un politicien, un militant, un journaliste, un éditorialiste, un analyste politique ou que sais-je encore. Si aucun artiste ne devait faire de la création pure (j'emploie ce mot faute de mieux), qui vise simplement et directement l'émotion, si aucun batteur n'essaie d'avoir le meilleur groove, si aucun acteur n'essaie de me faire pleurer, si je n'ai plus envie de danser...
...si l'art en tant que tel n'existe plus, c'est que la politique aura pris le dessus.
Et on se demandera pourquoi on s'est battus.
mercredi 15 octobre 2008
lundi 6 octobre 2008
Un peu de numérologie
Ce n'est qu'à moitié que j'écoutais Monique ce midi, simplement le temps d'entendre quelque chose sur Gainsbourg et l'importance de l'année 1928.
Vérification faite, 1928 est une année importante pour les arts, la culture, et ce genre de choses impopulaires auprès de notre gouvernement (désolé, c'est mon humeur pour la semaine). Année importante, car c'est celle de la naissance de Serge Gainsbourg.
Et de Jeanne Moreau. Et du pianiste Fats Domino. Et de Monique Leyrac. Et de Pauline Julien. D'Annie Cordy, aussi. Sans oublier Line Renaud. Et un certain Stanley Kubrick. De même qu'Andy Warhol. Et Karlheinz Stockhausen. Raymond Lévesque. Ennio Morricone. Noam Chomsky. Philip K. Dick. Gilles Vigneault. Et peut-être d'autres, tant qu'à y être?
Est-ce qu'elles sont toutes comme ça, ou bien il s'est passé quelque chose? C'est assez pour m'étourdir, en tout cas.
Vérification faite, 1928 est une année importante pour les arts, la culture, et ce genre de choses impopulaires auprès de notre gouvernement (désolé, c'est mon humeur pour la semaine). Année importante, car c'est celle de la naissance de Serge Gainsbourg.
Et de Jeanne Moreau. Et du pianiste Fats Domino. Et de Monique Leyrac. Et de Pauline Julien. D'Annie Cordy, aussi. Sans oublier Line Renaud. Et un certain Stanley Kubrick. De même qu'Andy Warhol. Et Karlheinz Stockhausen. Raymond Lévesque. Ennio Morricone. Noam Chomsky. Philip K. Dick. Gilles Vigneault. Et peut-être d'autres, tant qu'à y être?
Est-ce qu'elles sont toutes comme ça, ou bien il s'est passé quelque chose? C'est assez pour m'étourdir, en tout cas.
dimanche 5 octobre 2008
The Long Tail
Pour une rare fois, je vous parlerai d'un livre. Parce que si la musique est mon métier, je crois que je passe une plus grande partie de mes temps libres à lire qu'à écouter de la musique de façon sérieuse.
The Long Tail de Chris Anderson (la Longue traîne dans sa traduction française) est paru en 2005, et a pas mal fait jaser depuis. Anderson est le rédacteur en chef du magazine américain Wired, consacré à l'informatique et à la technologie.
J'ai bien l'impression que ce livre pourrait changer la façon dont je vois le marché du disque dans son ensemble. Parce que c'est ce que l'auteur fait: décrire comment le marché s'est transformé entre sa naissance au milieu du XXe siècle et la révolution internet, au cœur de laquelle nous nous situons toujours.
Donc, au départ, les choses étaient simples, particulièrement au niveau de la quantité d'information disponible. Les stations de télé et de radio étaient peu nombreuses, de même que les journaux. Les autres sources d'information pouvant conduire le public à l'achat de musique enregistrée étaient négligeables. De plus, grâce à de merveilleux procédés tels que Payola, il était facile pour les compagnies de disques de savoir, même de décider de ce qui serait populaire et de ce qui ne le serait pas.
Mais le facteur le plus important ne faisait pas partie des décisions des grandes entreprises. La limite était à la fois physique et technique. On en était toujours à l'enregistrement analogique, sur disque vinyle et éventuellement sur ruban. L'objet physique était ce que les gens se procuraient. L'espace contenant cet objet de 12 pouces de diamètres en général, était un lieu physique, un espace possédant des limites.
Cette dernière phrase sonne comme une blague, mais en fait, c'est le principal enjeu. Dans les années 1990, les magasins passèrent graduellement au cd, ce qui leur permit de tenir plus de stock dans un même espace. Mais le cd amenait en même temps une autre transformation, beaucoup plus importante: le numérique.
Car une fois les données contenues sur le cd transférées sur un disque dur, bien, plus besoin du cd. Et si on n'a plus de galette de plastique à vendre, pourquoi avoir un magasin? Pourquoi avoir un entrepôt, un réseau de transport? Et surtout, pourquoi se limiter à quelques titres?
J'essaie vraiment de faire court ici, alors voilà où nous en sommes: avec des entreprises telles que iTunes, on se retrouve avec un stock infini. Tout est toujours disponible, accessible, rien n'est jamais égaré ou en rupture de stock. Et comme le client est plus informé que jamais grâce aux médias traditionnels mais aussi à tous les blogues, radios internet et que sais-je encore, il y a de la demande pour tout.
Bref, faire des affaires en ne vendant que les gros titres n'est plus la règle d'or aujourd'hui. Selon ce que j'ai compris du livre, c'est en ayant le plus large choix possible qu'une entreprise peut réussir. L'avenir est dans le créneau très précis, et dans l'art de créer la rencontre entre le client et le produit.
Je pense qu'on est en train de vivre exactement ce que Chris Anderson décrit. Il nous reste maintenant à savoir comment trouver le succès dans cette nouvelle économie.
Et il va sans dire que je vous recommande cette lecture.
ANDERSON, Chris. The long tail : why the future of business is selling less of more, New York, Hyperion, 2006, 238 p.
The Long Tail de Chris Anderson (la Longue traîne dans sa traduction française) est paru en 2005, et a pas mal fait jaser depuis. Anderson est le rédacteur en chef du magazine américain Wired, consacré à l'informatique et à la technologie.
J'ai bien l'impression que ce livre pourrait changer la façon dont je vois le marché du disque dans son ensemble. Parce que c'est ce que l'auteur fait: décrire comment le marché s'est transformé entre sa naissance au milieu du XXe siècle et la révolution internet, au cœur de laquelle nous nous situons toujours.
Donc, au départ, les choses étaient simples, particulièrement au niveau de la quantité d'information disponible. Les stations de télé et de radio étaient peu nombreuses, de même que les journaux. Les autres sources d'information pouvant conduire le public à l'achat de musique enregistrée étaient négligeables. De plus, grâce à de merveilleux procédés tels que Payola, il était facile pour les compagnies de disques de savoir, même de décider de ce qui serait populaire et de ce qui ne le serait pas.
Mais le facteur le plus important ne faisait pas partie des décisions des grandes entreprises. La limite était à la fois physique et technique. On en était toujours à l'enregistrement analogique, sur disque vinyle et éventuellement sur ruban. L'objet physique était ce que les gens se procuraient. L'espace contenant cet objet de 12 pouces de diamètres en général, était un lieu physique, un espace possédant des limites.
Cette dernière phrase sonne comme une blague, mais en fait, c'est le principal enjeu. Dans les années 1990, les magasins passèrent graduellement au cd, ce qui leur permit de tenir plus de stock dans un même espace. Mais le cd amenait en même temps une autre transformation, beaucoup plus importante: le numérique.
Car une fois les données contenues sur le cd transférées sur un disque dur, bien, plus besoin du cd. Et si on n'a plus de galette de plastique à vendre, pourquoi avoir un magasin? Pourquoi avoir un entrepôt, un réseau de transport? Et surtout, pourquoi se limiter à quelques titres?
J'essaie vraiment de faire court ici, alors voilà où nous en sommes: avec des entreprises telles que iTunes, on se retrouve avec un stock infini. Tout est toujours disponible, accessible, rien n'est jamais égaré ou en rupture de stock. Et comme le client est plus informé que jamais grâce aux médias traditionnels mais aussi à tous les blogues, radios internet et que sais-je encore, il y a de la demande pour tout.
Bref, faire des affaires en ne vendant que les gros titres n'est plus la règle d'or aujourd'hui. Selon ce que j'ai compris du livre, c'est en ayant le plus large choix possible qu'une entreprise peut réussir. L'avenir est dans le créneau très précis, et dans l'art de créer la rencontre entre le client et le produit.
Je pense qu'on est en train de vivre exactement ce que Chris Anderson décrit. Il nous reste maintenant à savoir comment trouver le succès dans cette nouvelle économie.
Et il va sans dire que je vous recommande cette lecture.
ANDERSON, Chris. The long tail : why the future of business is selling less of more, New York, Hyperion, 2006, 238 p.
dimanche 21 septembre 2008
Sigur Rós au Quai Jacques-Cartier

C'était hier soir ma première visite au Quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal. Et je dois dire que c'est un endroit bien plaisant. Plus facile d'accès que l'île Sainte-Hélène, et à la fois spacieux et intimiste. Mais bon, je n'ai pas l'intention de vous faire une chronique d'aménagement paysager.
Je dois l'avouer, je suis un fan de Sigur Rós depuis probablement 5 ans. J'étais présent lors de leur dernière visite à Montréal, au Théâtre Maisonneuve à l'automne 2005. Et je dois dire que j'ai remarqué plusieurs similitudes entre les deux soirées.
Par exemple, je ne m'attendais pas à ce que, à peine trois mois après la sortie de l'excellent album Með suð í eyrum við spilum endalaust (titre qui se place joliment dans la conversation), le groupe annonce son entrée en scène avec Svefn-g-englar, chanson tirée de Ágætis byrjun (1999). Ni qu'ils finissent (avant le rappel) avec Untitled 8 (Popplagið). Ný Batteri était là comme en 2005, tout comme Viðrar vel til loftárása.
Par contre, cette dernière pièce a droit à un traitement intéressant. Elle comporte un moment de silence que le groupe s'amuse à allonger en spectacle, question de voir combien de temps le public est capable de se taire. En 2008 comme en 2005, on constate que les montréalais sont bruyants.
Sinon, j'ai également remarqué quelques notes déplacées de la part du chanteur Jón Þór Birgisson, que ce soit à la guitare ou à l'orgue. Mais je crois qu'au fond, il ne fallait pas rechercher l'exactitude mathématique dans ce concert, mais plutôt l'émotion brute.
Parce que de l'émotion, il y en avait en quantité. Le principal talent du groupe est dans sa capacité à construire des édifices sonores et émotifs. Par exemple, la merveilleuse Sæglópur (dont la version d'hier soir a probablement résonné juqu'au Mont Saint-Hilaire) commence par un ensemble piano-voix-3 xylophones, avant de se transformer en bombardement guitare-basse-batterie. Pour les fans, sachez que Glósóli, Popplagið, Hoppipola et Festival étaient tout aussi efficaces.
Efficaces à un tel point qu'en entendant une chanson comme Gobbledigook (attention les enfants, y'a du monde tout nu dans le vidéo), j'ai l'impression de me retrouver dans la peau du gars qui se rend compte qu'il est en vie, et que ce simple fait est merveilleux, car tout est possible. C'est vous dire ce dont le groupe est capable.
Bref, une très belle soirée dans l'ensemble, riche en défoulement. Espérons seulement que d'ici la prochaine fois le groupe arrive à se renouveler un peu.
Un show qui finit avec des fleurs pis des confettis, t'augmentes pas la sécurité pour ça. - Paroles d'un membre du public entendues à la sortie du concert.
vendredi 19 septembre 2008
lundi 8 septembre 2008
M pour Montréal
16h30 Alfa Rococo
17h05 Misteur Valaire
17h40 Torngat
18h15 Karkwa
18h50 Radio Radio
19h30 Plants & Animals
On appelle ça une journée bien remplie?
Une journée définitivement très agréable, en tout cas. Des fois je me dis que Montréal est assez dynamique côté musique pour avoir de telles soirées au moins une fois par mois. On peut toujours rêver.
Le cadre était évidemment très plaisant, situé entre le marché Bonsecours et l'eau. Juste en face d'où se tenait le concert de Radiohead il y a quelques semaines. Aussi, la journée était très bien rythmée. Même si on n'avait pas droit à des concerts complets, l'effet de condensation était très intéressant. Avec une variété de styles et 10-15 minutes de pause entre chaque performance, pas le temps de s'ennuyer. Ni de voir le temps passer.
Ah oui. Il ne faudrait pas oublier de vous mentionner que M pour Montréal est un événement qui en est à sa 3e année, et qui organise principalement une série de concerts au mois de novembre, auxquels sont invités des représentants des médias et des organisateurs de tournées et de festivals internationaux. Une initiative très louable, qui consiste au fond à essayer d'attirer les oreilles du monde entier sur nos musiciens. C'était la première édition estival extérieure – espérons que ce ne soit pas la dernière.
Allons-y dans l'ordre.
Alfa Rococo. 6 musiciens sur scène, pleins d'enthousiasme et d'énergie, tous et chacun. Mais pas moi. Je reconnais à ce groupe un grand talent pour les mélodies accrocheuses et les grooves entraînants, mais je crois que ça reste du bon matériel pour les radios, sans plus. Un peu trop fridge buzz à mon goût.
Misteur Valaire. Belle découverte. Plein de samples et de claviers, quelques percussions, un sax et une trompette. Et un p'tit monsieur rigolo invité sur scène juste pour danser. Une excellente musique de party, que j'ai bien hâte d'entendre en salle et sur une plus longue durée. Et que vous découvrirez à l'instant, en téléchargeant l'album Friterday Night, disponible gratuitement sur le site web. Faites-moi plaisir et écoutez ça.
Torngat. Autre belle découverte. Claviers, cor français, batterie. Vous avez déjà vu un gars jouer de la cymbale et du cor distorsionné en même temps? Moi oui. À écouter, sur étiquette Alien8.
Karkwa. Enfin, après les avoir manqués aux francos (pour cause de Wolf Parade), j'ai pu entendre live les chansons du magnifique Volume du vent. Que de puissance, ça fait du bien. Ils ont même réussi à me faire aimer Dormir le jour, qui était jusque-là la pièce que je saute sur l'album. Je réalise maintenant qu'ils n'ont fait que 4 chansons, et je commence dès maintenant à économiser pour les revoir au plus vite.
Radio Radio. M pour Montréal, ou M pour Moncton? Ces jeunes acadiens débordent d'énergie, je dois le reconnaître. Par contre, c'est pas mon truc.
Plants & Animals. Un groupe dont j'ai adoré le disque, paru chez Secret City. Mais, hélas, ça n'a pas passé la rampe ce soir. Je n'ai pas partagé le goût que le chanteur semblait prendre à ralentir ses refrains. Et disons que les dizaines d'instruments entendus sur le disque ne sont pas très bien remplacés par deux guitares et un drum.
17h05 Misteur Valaire
17h40 Torngat
18h15 Karkwa
18h50 Radio Radio
19h30 Plants & Animals
On appelle ça une journée bien remplie?
Une journée définitivement très agréable, en tout cas. Des fois je me dis que Montréal est assez dynamique côté musique pour avoir de telles soirées au moins une fois par mois. On peut toujours rêver.
Le cadre était évidemment très plaisant, situé entre le marché Bonsecours et l'eau. Juste en face d'où se tenait le concert de Radiohead il y a quelques semaines. Aussi, la journée était très bien rythmée. Même si on n'avait pas droit à des concerts complets, l'effet de condensation était très intéressant. Avec une variété de styles et 10-15 minutes de pause entre chaque performance, pas le temps de s'ennuyer. Ni de voir le temps passer.
Ah oui. Il ne faudrait pas oublier de vous mentionner que M pour Montréal est un événement qui en est à sa 3e année, et qui organise principalement une série de concerts au mois de novembre, auxquels sont invités des représentants des médias et des organisateurs de tournées et de festivals internationaux. Une initiative très louable, qui consiste au fond à essayer d'attirer les oreilles du monde entier sur nos musiciens. C'était la première édition estival extérieure – espérons que ce ne soit pas la dernière.
Allons-y dans l'ordre.
Alfa Rococo. 6 musiciens sur scène, pleins d'enthousiasme et d'énergie, tous et chacun. Mais pas moi. Je reconnais à ce groupe un grand talent pour les mélodies accrocheuses et les grooves entraînants, mais je crois que ça reste du bon matériel pour les radios, sans plus. Un peu trop fridge buzz à mon goût.
Misteur Valaire. Belle découverte. Plein de samples et de claviers, quelques percussions, un sax et une trompette. Et un p'tit monsieur rigolo invité sur scène juste pour danser. Une excellente musique de party, que j'ai bien hâte d'entendre en salle et sur une plus longue durée. Et que vous découvrirez à l'instant, en téléchargeant l'album Friterday Night, disponible gratuitement sur le site web. Faites-moi plaisir et écoutez ça.
Torngat. Autre belle découverte. Claviers, cor français, batterie. Vous avez déjà vu un gars jouer de la cymbale et du cor distorsionné en même temps? Moi oui. À écouter, sur étiquette Alien8.
Karkwa. Enfin, après les avoir manqués aux francos (pour cause de Wolf Parade), j'ai pu entendre live les chansons du magnifique Volume du vent. Que de puissance, ça fait du bien. Ils ont même réussi à me faire aimer Dormir le jour, qui était jusque-là la pièce que je saute sur l'album. Je réalise maintenant qu'ils n'ont fait que 4 chansons, et je commence dès maintenant à économiser pour les revoir au plus vite.
Radio Radio. M pour Montréal, ou M pour Moncton? Ces jeunes acadiens débordent d'énergie, je dois le reconnaître. Par contre, c'est pas mon truc.
Plants & Animals. Un groupe dont j'ai adoré le disque, paru chez Secret City. Mais, hélas, ça n'a pas passé la rampe ce soir. Je n'ai pas partagé le goût que le chanteur semblait prendre à ralentir ses refrains. Et disons que les dizaines d'instruments entendus sur le disque ne sont pas très bien remplacés par deux guitares et un drum.
mercredi 3 septembre 2008
Le petit peuple du bitume
Daran. Arbracam, 70022640655, Fusion III, 2007.
C'est quelques semaines après sa remarquable performance aux Francofolies de Montréal que j'ai eu l'occasion de mettre la main sur le dernier album de Daran. Et vraiment, je me suis privé d'un grand plaisir pendant trop longtemps.
Il y a quelques années, j'ai fait la découverte de Noir Désir. Je découvrais alors un groupe qui s'exprimait en français, et qui faisait un rock entraînant, assez pesant, et très crédible. Avec un côté sérieux aussi, qui me laissait croire que le groupe s'adresse à des adultes qui réfléchissent, et non seulement à des ados qui veulent casser la baraque.
Or, depuis certains événements, ces disques ont pris un goût amer - du moins pour moi. C'est comme ça, j'associe parfois la musique à des événements, et je crois que je ne suis pas le seul à le faire. Mais voilà, maintenant je crois que cette case vide vient d'être comblée.
Car Daran ne fait certainement pas dans la facilité. Intense, poétique, intelligent et mature. Avec un côté diva dans la voix (désolé, je ne trouve pas de meilleur mot) qui fait que j'ai les yeux plein d'eau par moments.
Dénonçant au passage quelques futilités (la télé, les galas, la beauté convenue), Daran nous ramène à l'essentiel. Comme s'il nous disait que la vie de ce peuple, même si elle est dure, peut être belle. Car sa musique combine ces deux aspects, de beau et de rugueux. La combinaison guitare-basse-batterie, des rythmes très simples, réussissent à produire de la beauté, à émouvoir davantage que bien des balades agrémentées de violons.
C'est quelques semaines après sa remarquable performance aux Francofolies de Montréal que j'ai eu l'occasion de mettre la main sur le dernier album de Daran. Et vraiment, je me suis privé d'un grand plaisir pendant trop longtemps.
Il y a quelques années, j'ai fait la découverte de Noir Désir. Je découvrais alors un groupe qui s'exprimait en français, et qui faisait un rock entraînant, assez pesant, et très crédible. Avec un côté sérieux aussi, qui me laissait croire que le groupe s'adresse à des adultes qui réfléchissent, et non seulement à des ados qui veulent casser la baraque.
Or, depuis certains événements, ces disques ont pris un goût amer - du moins pour moi. C'est comme ça, j'associe parfois la musique à des événements, et je crois que je ne suis pas le seul à le faire. Mais voilà, maintenant je crois que cette case vide vient d'être comblée.
Car Daran ne fait certainement pas dans la facilité. Intense, poétique, intelligent et mature. Avec un côté diva dans la voix (désolé, je ne trouve pas de meilleur mot) qui fait que j'ai les yeux plein d'eau par moments.
Dénonçant au passage quelques futilités (la télé, les galas, la beauté convenue), Daran nous ramène à l'essentiel. Comme s'il nous disait que la vie de ce peuple, même si elle est dure, peut être belle. Car sa musique combine ces deux aspects, de beau et de rugueux. La combinaison guitare-basse-batterie, des rythmes très simples, réussissent à produire de la beauté, à émouvoir davantage que bien des balades agrémentées de violons.
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